Certains pays nous ramènent inévitablement aux bons souvenirs du passé, et la Roumanie en fait incontestablement partie. Comment oublier ces joueurs roumains qui ont enflammé le chaudron dans les années 1990 ? Cornel Şoica et Pompiliu Dascălu ont marqué à jamais l’histoire du club en lui offrant la première Coupe de France de son histoire en 1996, puis, pour le premier, le tout premier titre de champion de France en 1999. Des joueurs et des équipes qui ont profondément marqué une ville, mais aussi inspiré les générations suivantes, parmi lesquelles figure Pierre Pujol.
PUJOL ET SES AVENTURES EUROPEENNES
Le passeur français, champion d’Europe en 2015 et fort de 212 sélections en équipe de France, a évolué durant quatre saisons dans la Vienne, de 2003 à 2007. Une période marquée notamment par une finale de championnat de France perdue en 2007 contre Paris. Malgré cette déception sportive, il en garde un souvenir très positif : « C’était le début de ma carrière professionnelle, le début d’un nouveau monde. J’avais toujours souhaité jouer à Poitiers. »
Même si cela commence à remonter, Pierre se souvient avec précision de ses premiers pas dans le volley professionnel : « Je regardais les matchs à l’époque sur Sport+, je crois, et je voyais cette ambiance à Lawson-Body qui, pour moi, est la plus belle salle de France. C’étaient mes débuts, et j’avais trouvé un club hyper ambitieux, structuré, avec une ambiance familiale et des personnes qui m’ont marqué. Ce sont quatre années de ma vie qui ont été fondatrices. J’ai adoré ce club, j’ai adoré la ville… en revanche, effectivement, certains grands rendez-vous perdus ont laissé un goût plus amer.. »

Photo d’archives La NR – Centre Presse
Après ces années passées sous le maillot des Blacks, Pierre prend la direction de l’Italie et de Trévise. Une suite logique après quatre saisons riches en expériences, « Il y a vingt ans, peu de joueurs partaient à l’étranger, ce n’était pas encore une coutume. J’ai eu cette opportunité de partir… notamment en Italie, en Allemagne ou encore en Pologne. »
Les expériences en coupes d’Europe se multiplient alors et, en 2011, Pierre remporte la CEV Cup avec le club italien. Une compétition qu’il garde en haute estime, « C’est une très belle compétition. Certes, ce n’est pas la Ligue des champions, mais à l’époque toutes les équipes la jouaient à fond, que ce soient les équipes russes ou polonaises. »
La suite de sa carrière se poursuit sur le continent européen, avec des passages remarqués à Kielce en Pologne, mais aussi à Berlin, avant un retour en Italie du côté de Piacenza.
Alors que le passeur entame une nouvelle saison en PlusLiga avec l’équipe de Bielsko-Biała, la situation se complique rapidement, « je travaillais déjà sur ma reconversion, pour devenir manager, et le club polonais ne payait plus. J’ai donc fait le choix de partir. On m’a alors parlé d’un projet sympa en Roumanie, avec un club ambitieux et bien structuré. » En fin de carrière, Pierre se laisse ainsi tenter par un dernier projet inédit. « Je ne connaissais pas le pays, alors pourquoi ne pas tenter un nouveau challenge avant d’arrêter ? »
Direction le Dinamo Bucarest, pourtant encore peu reconnu sur la scène européenne, Pierre en garde l’image « d’un club bien structuré, avec des conditions d’entraînement, de travail et d’accueil idéales ». Côté compétition, son regard est nuancé, « le championnat roumain est encore un peu en retard par rapport aux autres championnats européens. Trois ou quatre équipes pratiquent un joli volley, puis le niveau baisse quelque peu. Mais c’est un championnat qui se développe rapidement, notamment grâce à ses jeunes joueurs locaux qui commencent à s’exporter. »

Photo CS Dinamo Bucarest
L’engouement y est également différent de celle du championnat français. « Certains matchs se jouent en début d’après-midi et il n’y a quasiment personne dans la salle. En revanche, lorsque vous affrontez le Steaua Bucarest ou le Rapid Bucarest, de grands derbys, l’ambiance change en deux minutes : la salle se transforme en véritable stade de football. C’est très chaud, avec des rivalités extrêmement fortes entre ces clubs. »
« Mais j’en garde un très bon souvenir, c’est un pays qu’on ne connait pas en France, on n’en parle pas mais Bucarest est une ville super accueillante avec des gens géniaux au sein du club ».
PAS LE DROIT À L’ERREUR
Contrairement à Pierre, difficile d’imaginer que nos Blacks conservent un bon souvenir de la capitale roumaine. Face au Dinamo Bucarest, le huitième de finale aller de CEV Cup a tourné court, seulement 1h30 de jeu face à une équipe roumaine solide, bien en place et d’une redoutable efficacité.
Dominant dans tous les secteurs du jeu, emmené par un Răzvan Mihalcea impérial au bloc (7 contres), le Dinamo a rapidement pris l’ascendant pour ne laisser aucune chance à Patchi et à ses coéquipiers d’espérer quoi que ce soit lors de ce match aller.
Pourtant, les Blacks le savent, dans ce type de compétition, tout reste possible, surtout lorsque l’on évolue dans une salle Lawson-Body capable de porter toute une équipe. L’occasion est belle, d’abord de disputer ce match retour dans leur antre, mais aussi de renouer avec une Coupe d’Europe que le public fidèle n’avait plus connue depuis longtemps dans sa salle. Et comme l’a si bien résumé Cédric Enard…
« Lawson-Body reste un endroit magique où beaucoup de choses peuvent se passer. »

Photo d’archives La NR – Centre Presse

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