Au sein d’un club historique comme l’Alterna Stade Poitevin Volley-Ball, il était essentiel d’honorer ses légendes comme elles le méritent. Ces joueurs et ces entraîneurs ont, chacun à leur échelle, contribué au développement et à l’histoire de cette institution emblématique.

Depuis la création du club, du Gymnase du Dolmen au chaudron de la salle Lawson-Body, en passant par les Arènes, le club à la Goule n’a cessé de porter haut les couleurs d’une ville qui occupe aujourd’hui une place majeure sur le territoire poitevin. Si Frédéric Lawson-Body fut le premier à être honoré en donnant son nom à cette salle mythique, son empreinte demeure immense dans la mémoire des supporters, tant pour le joueur exceptionnel qu’il était que pour l’homme qu’il représentait.

Au fil des années, de nombreuses figures ont marqué le club par leur jeu, leurs titres et leur attitude, incarnant les valeurs et l’identité du Stade Poitevin.

Aujourd’hui, nous présentons le CLUB 86. Ce cercle prestigieux réunit 86 joueurs et entraîneurs qui ont marqué l’histoire du club à leur manière. Tous ont évolué au minimum deux saisons sous les couleurs poitevines, à une exception près, Earvin Ngapeth. Par leurs titres, leur engagement et leur personnalité, ils ont laissé une empreinte indélébile.

Ils sont 86.

Ils sont le CLUB 86.

CHAPITRE I – LAURENT BIGOT

Le Big’s, la certitude

Il est le joueur professionnel le plus capé de l’histoire du Stade Poitevin, il était donc une évidence d’ouvrir ce Club 86 avec Laurent Bigot, surnommé « le Big’s ».

Originaire du nord de la France, Laurent découvre d’abord le volley-ball sur les plages, à travers le beach-volley et notamment du côté de Royan. Désireux de pratiquer un sport au quotidien, il s’oriente rapidement vers le volley en salle. C’est à Boulogne-sur-Mer qu’il fait ses premiers pas en club. Son talent ne tarde pas à se révéler, puisqu’il intègre ensuite l’un des centres de développement des jeunes espoirs français du côté de Wattignies. La suite logique de son parcours le conduit au CNVB au début de l’année 1985, structure d’excellence où les meilleurs joueurs poursuivent leur progression. Le pointu français enchaîne ensuite des expériences à Grenoble puis à Montpellier. Au début de la saison 1991-1992, il rejoint le Stade Poitevin Volley Ball, alors pensionnaire de Nationale 1B (équivalent de l’actuelle Ligue B).

L’aventure poitevine débute de la plus belle des manières. Dès sa première saison, l’équipe des Blacks réalise un grand chelem inédit, ne concédant aucune défaite, et permet au club de retrouver l’élite du volley français. S’ensuivent six saisons sous le maillot noir au plus haut niveau national, au sein d’un collectif qui se structure progressivement et dont le niveau de jeu ne cesse de s’élever.

En 1996, Laurent Bigot, entouré de ses compères Joël Pujols, Dascalu, Soica et Jurkovitz, part à la conquête du premier titre historique du club. Les Poitevins remportent la Coupe de France de volley-ball dans une Halle Carpentier surchauffée par les nombreux supporters pictaviens ayant fait le déplacement.

Pas annoncés favoris face à l’ogre cannois, l’AS Cannes, les Blacks déjouent tous les pronostics. Laurent le confiera lui-même : « Cette équipe avait une alchimie. » Un collectif uni, avançant dans la même direction avec un objectif unique, offrir au club à la Goule son premier titre national.

Ce succès restera un souvenir impérissable pour l’homme aux 50 sélections en équipe de France. Lorsque l’on interroge ses anciens coéquipiers à son sujet, l’unanimité est frappante. « Laurent était un magnifique compétiteur. Tout au long de sa carrière, il a su faire évoluer son jeu, passant du poste de pointu à celui de réceptionneur-attaquant », confie Xavier Piboteau, passeur au club de 1993 à 1996.

Un exemple illustre parfaitement cette capacité d’adaptation. Lors d’un quart de finale du championnat de France face à Paris, les Blacks, battus à domicile au match aller, se déplacent dans la capitale avec déjà, pour certains, les vacances en tête… sauf pour le « Big’s ». Auteur d’une prestation exceptionnelle, il permet à son équipe d’arracher un match d’appui face aux Parisiens.

« Quand je rencontre le Big’s, c’est un joueur de l’équipe de France qui revient de blessure et qui se rend compte que plus grand monde ne l’attend au poste de pointu. C’est la première image que j’ai de lui : un joueur qui a énormément travaillé pour se refaire une place sur le terrain en tant que réceptionneur-attaquant », raconte Joël Pujols.

Autre arme redoutable : son service, smashé ou flottant, Laurent Bigot a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs serveurs du championnat. Mais au-delà des qualités sportives, ce sont ses qualités humaines qui ont marqué les esprits. Généreux, sociable, doté d’un humour bien à lui et d’un second degré à toute épreuve, même dans les situations les plus tendues, le Big’s était un personnage profondément attachant.

Aujourd’hui encore, il demeure l’une des personnalités les plus emblématiques du club. Les années 1990 lui sont indissociables. Son nom reste intimement lié à cette salle, à ce club et à cette ville.

Photos S.Laval

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